Science pour tous

A quoi servent des recherches fécondes si elles restent en laboratoire ? Parmi les missions du CNRS, on compte aussi celle du transfert technologique et celle du partage des connaissances avec le public le plus large possible. Vous cherchez à rester connectés à la recherche ? En plus des dispositifs et médias nationaux tels que CNRS Le Journal, Zeste de sciences ou CNRS Images, le CNRS Normandie vous propose d’entretenir des liens avec lui en région.

Réflexions : instantanés de recherche

Imaginé par Normandie université, Le Dôme et le CNRS Normandie, « Réflexion.s : Instantanés de recherche » ouvre les portes de la recherche au plus grand nombre en invitant les publics à suivre le quotidien de jeunes chercheuses et chercheurs via Instagram et à les rencontrer à l’occasion d’évènements de culture scientifique et technique organisés en Normandie.

UN COMPTE COLLABORATIF POUR (RE)DÉCOUVRIR LA RECHERCHE

Largement inspiré des dispositifs « En direct du labo », « ComSciComCa » ou encore « La bio au labo », pour ne citer que les francophones, « Réflexion.s : Instantanés de recherche » rejoint la grande famille des comptes collaboratifs en sciences. Toutes les deux semaines, une nouvelle personnalité prend les commandes du compte pendant 7 jours pour partager son quotidien et donner à voir concrètement la réalité des métiers de la recherche.

Pour dépasser le virtuel, les doctorant(e)s et post-doctorant(e)s participant(e)s organisent ou prennent également part à des évènements de culture scientifique et technique en Normandie (Ma thèse en 180 secondes, Atelier du chercheur, Pint of science, Fête de la Science, …) pour aller à la rencontre des publics sur le terrain.

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Portraits de la saison #3 :

"La gestion territoriale des ressources humaines comme nouvelle perspective pour l’emploi" - Clara Aoun

Clara Aoun est jeune chercheuse au laboratoire Normandie Innovation Marché Entreprise Consommation (NIMEC Université de Caen Normandie/Université Le Havre Normandie / Université de Rouen Normandie). Son sujet de thèse porte sur le développement de l’employabilité sur le territoire et les visions prospectives sur les métiers en tension tel que le secteur des services à la personne.

Son parcours en 5 dates

2013 : Licence en sciences sociales (Université Libanaise)
2014 : Master 1 en développement socio-économique (Université Libanaise)
2015 :Master 2 en ingénierie et expertise des politiques sociales locales (IAE Caen)
2016 : Master 2 en alternance en Gestion des ressources humaines (IAE Caen)
2016-2021 :  Doctorat en sciences de gestion – gestion des ressources humaines (Laboratoire NIMEC, Caen)

Clara cherche à identifier les problématiques et les limites d’employabilité des personnes avec des difficultés psychosociales et en manque de qualification dans des métiers non attractifs et en tension comme le secteur des métiers du service et de l’aide à la personne (SAP). Le terrain de son étude se situe sur la Communauté de communes Cœur de Nacre, dans le Calvados.

Afin de mieux comprendre les difficultés des entreprises et de l’écosystème de l’emploi, la jeune chercheuse s’intéresse à plusieurs concepts comme le capital humain, les compétences, l’identité professionnelle, l’attractivité organisationnelle et des métiers, ou la gestion des compétences. Elle a également mené près de 80 entretiens semi-directifs auprès des demandeurs d’emploi, des managers d’entreprise (services à la personne), des élus et des acteurs de la formation et de l’emploi. Sa démarche a démontré que les problématiques de l’emploi et de l’employabilité étaient liées à l’attractivité des métiers. L’analyse croisée des besoins et des souhaits et la triangulation des données apportent des solutions pragmatiques adéquates pour les entreprises ainsi que les demandeurs d’emploi du territoire, comme la création de passerelles entre les métiers de services et le développement de l’emploi cumulé. Deux job dating et autres ateliers pour accompagner les entreprises dans leurs problématiques de formation, de recrutement, de qualité de vie au travail ont eu lieu. L’objectif est de favoriser l’accompagnement mutualisé en partenariat avec les acteurs de la formation et de l’emploi pour aider les entreprises à améliorer leur attractivité et gérer les compétences de leurs collaborateurs.

Ces actions ont fait leur preuve et vont dans le sens des orientations nationales actuelles. Clara a réussi à mobiliser et fédérer des entreprises du secteur du service et de l’aide à la personne de la Communauté de communes pour encourager cette nouvelle tendance de la gestion des ressources humaines.

Clara Aoun est l'une des ambassadrices du programme "Réflexion.s" imaginé par Normandie université, Le Dôme et le CNRS Normandie. Elle anime le compte du 31 mai au 6 juin 2021.

Crédits : Normandie université/A. Bonin (DR).

"Repérer et prévenir les risques de troubles du développement chez le jeune enfant" - Marie Anquetil

Marie Anquetil est doctorante au Laboratoire de Psychologie Caen Normandie à l'Université de Caen Normandie. Son sujet de thèse porte sur les marqueurs de développement de l’attention exécutive chez l’enfant d’âge préscolaire.

Son parcours en 5 dates

2013 : Baccalauréat littéraire
2013-2014 : Classe préparatoire littéraire
2014-2017 : Licence de psychologie et d’anglais à l’Université de Caen.
2017-2019 : Master de psychologie à l’Université de Caen Normandie et obtention du titre de psychologue
2019-2022 : Doctorat au Laboratoire de Psychologie Caen Normandie

Son baccalauréat littéraire en poche, Marie poursuit ses études en classe préparatoire littéraire, avec le souhait de s’orienter vers un parcours en psychologie. Elle commence à se spécialiser dans cette discipline à partir de la licence. C’est à la fin de son parcours en licence qu’elle se sent attirée à la fois par la recherche que par la volonté d’exercer comme psychologue clinicienne. Dans cette optique, elle poursuit ses études en Master de Psychologie mention psychologie de l’enfant, de l’adolescent et de la famille. En Master 2, elle s’oriente vers la double compétence de praticien-chercheur. Elle obtient son titre de psychologue à la suite d’un stage professionnel ainsi qu’une bourse doctorale lui permettant de poursuivre ses études en thèse.

Son travail de recherche porte sur les mécanismes en jeu dans le développement de l’attention chez le jeune enfant. Les recherches dans ce domaine se concentrent majoritairement chez les enfants d’âge scolaire et les adolescents, mais peu de données sont disponibles pour l’enfant d’âge préscolaire. Pourtant, il s’agit d’une période où les mécanismes attentionnels se développent rapidement et sont sollicités pour les premiers apprentissages.

Marie s’intéresse donc plus particulièrement à l’enfant d’âge préscolaire et va rechercher des précurseurs de l’attention, en s’appuyant sur des travaux récents et novateurs qui suggèrent un lien fort entre développement attentionnel et développement sensoriel. Plus spécifiquement, elle s’intéressera au sens du toucher, premier sens à se développer. Des atypies dans le traitement sensoriel tactile à un âge précoce pourraient être des premiers signes d’alerte d’un développement troublé.

Pour vérifier ses hypothèses de recherche, Marie utilise des techniques de neuroimagerie et des mesures comportementales, pour repérer et prévenir le plus tôt possible des risques de troubles au cours du développement. Entre travail de terrain et en laboratoire, cette thèse s’inscrit dans une pratique de psychologue à la fois praticien et chercheur.

Marie Anquetil est l'une des ambassadrices du programme "Réflexion.s" imaginé par Normandie université, Le Dôme et le CNRS Normandie. Elle anime le compte du 10 au 16 mai 2021.

Crédits photos : Normandie université/A. Bonin (DR)

"Vers une meilleure compréhension des comportements collaboratifs des jeunes français" - Oumaima Khanfoudi

Oumaima Khanfoudi est doctorante au laboratoire Normandie Innovation Marché Entrerprise Consommation (NIMEC – Université de Caen Normandie). Son sujet de thèse porte sur les comportements des jeunes de 15 à 25 ans vis-à-vis des pratiques collaboratives comme le couchsurfing ou le covoiturage au sein de plateformes ad-hoc.

Son parcours en 5 dates

2011 : Baccalauréat en sciences économiques, Lycée technique Er Razi (El Jadida, Maroc)
2016 : Master 2 en gestion financière et comptable, École nationale de commerce et de gestion (El Jadida, Maroc)
2017 : Master 2 Recherche et conseil, IAE Caen
Depuis 2018 : Doctorat à l’université de Caen Normandie
2020 : Attachée temporaire d'enseignement supérieur à l’IUT de Sceaux

Après un master 2 en gestion financière et comptable à l’École nationale de commerce et de gestion d’El Jadida au Maroc, Oumaima a intégré l’IAE de Caen pour décrocher un master 2 en recherche et conseil. Son sujet de mémoire portait sur la compréhension du comportement des jeunes en France vis-à-vis de leurs pratiques de consommation collaborative. Ce diplôme l’ayant initié au monde de la recherche, elle décide de poursuivre un cycle doctoral et reprend ainsi ses travaux de mémoire pour en faire un sujet de thèse.  

La « consommation collaborative » est devenue un mode de consommation adopté par une grande partie de la société, que ce soit de manière formelle ou informelle. La consommation collaborative impacte le marché de travail et la consommation des individus, alimente la concurrence et participe à la création de valeur ajoutée.  

En tant que spécialiste du comportement du consommateur, Oumaima a choisi ce sujet d’actualité après avoir constaté que le croisement de la sphère des jeunes et de la consommation collaborative n’est à ce jour pas encore étudié. Elle souhaite combler le manque de connaissances sur ce sujet et proposer des implications théoriques, managériales et empiriques.  

A travers des entretiens semi-directifs d’une durée moyenne de 75 minutes avec des jeunes de 15 à 25 ans de plusieurs régions de France (Normandie, Ile de France et Picardie), elle tente d’apporter des réponses à cette problématique. Elle a fait le choix d’adopter une approche qualitative qui lui permet, après la transcription, le codage et l’analyse, de comprendre la nature des transactions qui se font entre les jeunes et les plateformes par le biais des pratiques collaboratives et ainsi de ressortir les éventuelles évolutions de leurs comportements.

Oumaima Khanfoudi est l'une des ambassadrices du programme "Réflexion.s" imaginé par Normandie université, le Dôme et le CNRS Normandie. Elle a animé le compte du 12 au 18 avril 2021.

Crédits : Normandie université/A. Bonin (DR).

"Guérir les muscles par le gras" - Baptiste Pileyre

Baptiste Pileyre est doctorant au laboratoire Physiopathologie, Autoimmunité, maladies Neuromusculaires et Thérapies Régénératrices à l’Université de Rouen Normandie *. Son sujet de thèse porte sur l’utilisation de thérapie cellulaire extraite du tissu adipeux dans le traitement de maladies musculaires rares.

Son parcours en 5 dates

2006 : BAC S
2009 : Concours de 1ère année de Pharmacie
2014 : Concours de l’internat de pharmacie hospitalière et Master 1 Génétique et immunologie à l’université Paris V
2018 : Diplôme de docteur en pharmacie et Master 2 Cancer, différentiation, génétique et biothérapie à l’université de Rouen Normandie
Depuis 2019 : Doctorat en immunologie

L’immunologie et la génétique ont toujours beaucoup intéressé Baptiste. Après un Master 1 en génétique et immunologie et après avoir décroché son diplôme de docteur en pharmacie, Baptiste se lance dans un master 2 « Cancer, différentiation, génétique et biothérapie ». Il y travaille sur l’étude d’un nouveau modèle de myosite, un groupe maladies musculaires auto-immunes rares dans laquelle le système immunitaire (les globules blancs) attaque les muscles qui progressivement dégénèrent et s’affaiblissent.  

Lors de son choix de sujet de thèse, le laboratoire s’associe en tant que centre de production à un essai clinique visant à évaluer l’efficacité de la fraction vasculaire stromale (une thérapie cellulaire) dans les myosites à inclusion (un sous-type de myosite). Ce procédé est déjà en cours d’évaluation dans de nombreuses maladies telles que la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson ou la sclérose en plaques, mais l’efficacité est variable d’un donneur à l’autre.  

L’étude de l’utilisation de thérapie cellulaire extraite du tissu adipeux dans le traitement des maladies musculaires rares s’’impose donc à lui, sujet à mi-chemin entre son master 2 et ses études de pharmacie. L’objectif de ses recherches est donc de réaliser une étude préclinique afin d’évaluer l’efficacité de cette thérapie et de comprendre les acteurs et les mécanismes qui pourrait l’améliorer.

Pour ce faire, Baptiste centrifuge le gras récolté par liposuccion pour éliminer les cellules graisseuses et ainsi obtenir un mélange de cellules régénératrices : la fraction vasculaire stromale. Il procède ensuite à des cultures cellulaires où sont mélangés les cellules de gras avec des globules blancs d’un côté, et avec des cellules musculaires de l’autre, et étudie leurs multiplications. L’objectif est que les globules blancs arrêtent de se multiplier (effet immunomodulateur) et que les cellules musculaires quant à elles se multiplient (effet myorégénérateur). La finalité de ces tests est de comparer les effets de prélèvement de différents donneurs et leur composition cellulaire afin d’identifier les facteurs responsables de l’effet thérapeutique.

Baptiste Pileyre, vainqueur du concours normand « Ma thèse en 180 secondes » en 2020 et finaliste en 2021, est l'un des ambassadeurs du programme "Réflexion.s" imaginé par Normandie université, Le Dôme et le CNRS Normandie. Il a animé le compte du 15 au 21 mars 2021.

*Laboratoire PANTHER (Physiopathologie, Autoimmunité, maladies Neuromusculaires et Thérapies Régénératrices - INSERM, Université de Rouen Normandie).

Crédits photo : Normandie université/A. Bonin (DR).

 

"Etudier les impacts du placement des adolescents en Institution" - Camille Gaugain

Camille Gaugain est doctorante au Laboratoire de Psychologie de Caen Normandie à l’Université de Caen Normandie. Son sujet de thèse porte sur l’étude des effets du placement en Institution chez l’adolescent et l’adulte.

Son parcours en 5 dates

2007 : Baccalauréat économie et social
2010 : Licence économie et gestion
2012 : Licence de sciences de l’éducation
2013: Master professionnel en sciences de l’éducation, suivie d’une expérience professionnelle
2018 : Doctorat de psychologie

Suite à une expérience professionnelle d’éducatrice dans une Maison d’enfants à caractère social (MECS), Camille s’est interrogée sur le vécu des adolescents placés en Institution. Après avoir travaillé en tant que formatrice et conseillère en insertion dans différentes structures, elle a souhaité reprendre ses études dans le cadre d’un doctorat et ainsi trouver des réponses à ses questionnements.

Depuis 2018, Camille étudie les impacts psychologiques du placement sur les adolescents et les adultes ayant été placés durant leur enfance. L’objectif est de comprendre de manière concrète les effets que l’expérience de placement d’un enfant hors de son domicile familial peut avoir sur son psychisme et sur sa vie d’adulte dans ses différentes sphères de vie : vie familiale, vie sociale, vie institutionnelle, scolarité, etc. Pour cela, elle procède à des entretiens biographiques auprès d’une population d’individus placés ou l’ayant été durant au moins 3 ans, divisée en deux groupes d’âge différents : les adolescents (11-17 ans) et les adultes (26-67 ans). Elle analyse ensuite les entretiens biographiques pour mettre en évidence les difficultés rencontrées durant le placement ainsi que les aides reçues. Camille s’intéresse à la manière dont la personne va investir certaines sphères de vie au profit ou au détriment d’autres afin de développer des stratégies de compensation lui permettant de surmonter cette épreuve.

Camille Gaugain est l'une des ambassadrices du programme "Réflexion.s" imaginé par Normandie université, Le Dôme et le CNRS Normandie. Elle a animé le compte Réflexion.s sur Instagram du 8 au 14 février 2021.

Crédits photo : Normandie université/A. Bonin (DR).

"Améliorer le bien-être de la seiche" - Manon Peyrafort

Manon Peyrafort est doctorante au laboratoire Éthologie animale et humaine à l’Université de Caen Normandie. Son sujet de thèse porte sur les émotions et la prise de décision chez la seiche Sepia.

Son parcours en 5 dates :

2013-2015 : Diplôme de technicien supérieur de la mer, option Génie Biologique Halieutique et Aquaculture, Institut des Sciences et Techniques de la Mer, Cnam Intechmer (Cherbourg)
2015-2016 : Licence professionnelle Aquaculture et Gestion Durable de son Environnement, Université de La Rochelle
2016-2017 : Master 1 Sciences Biologiques Marines, Institut Universitaire et Européen de la Mer (Brest)
2017-2018 : Master 2 Sciences Halieutiques et Aquacoles, Agrocampus Ouest, Rennes
Depuis mai 2019 : Doctorat à l’université de Caen Normandie

En 2013, les céphalopodes, dont les seiches, ont pour la première fois été intégrés dans la règlementation européenne sur le bien-être des animaux de laboratoire. Le bien-être est un état mental et physique positif où l’animal est en harmonie avec son environnement. A l’heure actuelle, peu de connaissances sur leur bien-être sont disponibles. Quelques études portent sur les émotions des invertébrés mais celles-ci se concentrent essentiellement sur des émotions négatives telle que la peur ; aucune d’entre elles ne s’est encore intéressée aux émotions positives des céphalopodes.

Passionnée depuis toujours par les animaux, c’est tout naturellement que Manon s’est tournée vers l’étude de leur comportement afin de les comprendre et de contribuer à l’amélioration du bien-être des espèces, plus particulièrement aquacoles.

L’objectif de la thèse de Manon est de trouver des indicateurs comportementaux permettant d’identifier rapidement et simplement si une seiche est dans un état de bien-être dans son environnement d’élevage. Ces indicateurs émotionnels de la seiche peuvent correspondre aux expressions faciales de l’humain. Les émotions peuvent aussi être impactées par l’état mental ou l’état émotionnel initial de l’animal et ainsi agir sur leur humeur. Si la seiche est dans un état émotionnel négatif elle sera plutôt d’humeur pessimiste. A l’inverse, si la seiche est dans un état émotionnel positif elle sera plutôt d’humeur optimiste. En faisant faire un choix aux seiches, Manon parvient à identifier l’humeur de ces animaux, et ainsi à observer l’effet des émotions sur leur prise de décision.  

Manon trouve dans l’éthologie un aspect ludique et qui nécessite de l’inventivité. Il y a en effet une partie d’élaboration de dispositifs expérimentaux qui passe par une phase de bricolage avant les expériences : cela va de la création de balises de forme et de couleur variées à la création de labyrinthe. Selon Manon, c’est comme créer un jeu !

Manon Peyrafort est l'une des ambassadrices du programme "Réflexion.s" imaginé par Normandie université, Le Dôme et le CNRS Normandie. Elle a animé le compte Réflexion.s sur Instagram du 11 au 17 janvier 2021.

Crédits : Normandie université/A. Bonin (DR).

"A la recherche du caractère pathogène des anticorps" - Marie Petit

Marie Petit est doctorante au laboratoire Physiopathologie, Autoimmunité, maladies Neuromusculaires et Thérapies Régénératrices* à l’Université de Rouen Normandie. Son sujet de thèse porte sur l’étude du caractère pathogène des auto-anticorps avant et après traitement chez les patients atteints de pemphigus.

Son parcours en 5 dates

2012 : Baccalauréat scientifique
2012-2015: Licence Sciences de la Vie, de la Terre et de l’Environnement (SVTE), Parcours Biochimie, Biologie Moléculaire, Cellulaire et Physiologie (BBMCP) à l’Université de Rouen Normandie
2015-2016 : Master 1 Recherche, Mention Sciences Biomédicales, Spécialité Physiologie, Immunité, Différenciation, Génétique (PIDG) à l’Université de Rouen Normandie
2016-2017 : Master 2 Recherche, Mention Sciences Biomédicales, Spécialité PIDG, Parcours Génétique, Immunologie, Cancer (GIC) à l’Université de Rouen Normandie
2017-2021 : Doctorat à l’université de Rouen Normandie

Marie étudie les mécanismes menant à la rémission ou à la rechute des patients atteints de pemphigus après traitement. C’est une maladie dermatologique rare où certains anticorps des patients se fixent sur une protéine, la desmogléine, située sur les cellules de la peau (kératinocytes). La fixation des anticorps entraine la séparation des cellules et l’apparition de bulles. Les traitements utilisés au cours de l’étude permettent de diminuer les anticorps anti-desmogléine mais certains patients sans signes cliniques après traitement vont conserver des anticorps anti-desmogléine.

L’objectif de la thèse de Marie est de mieux comprendre les mécanismes amenant les anticorps à protéger ou attaquer nos cellules. Elle cherche à déterminer si les anticorps présents chez les patients en rémission sont toujours pathogènes et, s’ils ne le sont plus, en connaître la raison. Elle a ainsi mis au point des tests mesurant l’aspect pathogène des anticorps pour les kératinocytes. Si les anticorps des patients en rémission ne sont plus pathogènes, elle cherche à comprendre ce qui pourrait les différencier. Pour cela, elle analyse les sucres présents sur ces anticorps connus pour modifier ces derniers dans leur structure, leur stabilité et leur cible.

Marie Petit est l'une des ambassadrices du programme "Réflexion.s" imaginé par Normandie université, Le Dôme et le CNRS Normandie. Elle a animé le compte du 7 au 15 décembre 2020.  

*Laboratoire PANTHER (Physiopathologie, Autoimmunité, maladies Neuromusculaires et Thérapies Régénératrices - INSERM, Université de Rouen Normandie). 

Crédits photo : Normandie université/A. Bonin (DR).

"Des matériaux innovants pour mieux conserver l’énergie" - Hugo Bouteiller

Hugo Bouteiller est doctorant au laboratoire de Cristallographie et Sciences des Matériaux (CNRS, ENSICAEN, UNICAEN). Son sujet de thèse porte sur la synthèse et le développement de matériaux pour l’énergie.

Son parcours en 5 dates

2013 : Baccalauréat scientifique
2013-2016 : Classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE) filière physique-chimie à Amiens
2016-2019 : École Nationale Supérieure de Chimie de Rennes (ENSCR)
2018 : Master 2 chimie du solide et des matériaux à l’Université de Rennes 1
2019 : Première année de doctorat à l’Université de Caen Normandie

Hugo étudie les matériaux pour l’énergie et plus particulièrement les matériaux thermoélectriques. Ces matériaux permettent de transformer la chaleur en électricité. Il existe aujourd’hui de nombreuses sources de chaleur perdues dont l’énergie serait valorisable par conversion de chaleur en énergie électrique comme les pots d’échappement des véhicules par exemple.

Face aux enjeux environnementaux actuels, le sujet passionne le jeune doctorant. Hugo cherche à rendre plus performants ces matériaux qui à l’heure actuelle ne rivalisent pas encore avec les autres sources d’énergie. Fiables, solides, silencieux, ils sont utilisés dans certaines applications précises comme dans les modules spatiaux par exemple. Il existe différents matériaux thermoélectriques. Hugo étudie plus précisément les antimoniures, c’est-à-dire les matériaux contenant de l’antimoine. Ils ont vocation à être optimisés pour des applications dans des domaines de température élevés (~1000°C).  Son travail consiste à synthétiser de nouvelles antimoniures thermoélectriques et optimiser les propriétés de celles déjà développées. Il cherche à améliorer leurs conditions de synthèse afin de développer un matériau pur, homogène, en quantité suffisante pour permettre la mesure des propriétés de transport essentielles aux bonnes performances des modules thermoélectriques.

Hugo Bouteiller est l'un des ambassadeurs du programme "Réflexion.s" imaginé par Normandie université, Le Dôme et le CNRS Normandie. Il a animé le compte du 16 au 22 novembre 2020.

Crédits : Normandie université/A. Bonin (DR).

"La conciliation environnementale au sein d’un parc naturel régional" - Antoine Duthil

Antoine Duthil est doctorant au Centre Universitaire Rouennais d’Études Juridiques à l’Université de Rouen Normandie. Son sujet de thèse porte sur la mobilisation du droit au sein des parcs naturels régionaux.

Son parcours en 5 dates

2013 : Baccalauréat économique et social
2014/2016 : DUT carrières juridiques
2016/2017 : Licence 3 d’Administration Economique et Sociale
2017/2019 : Master 1 et 2 en droit du patrimoine et des activités culturelles
2019 : Doctorat en droit public

Antoine étudie les parcs naturels régionaux. Il s’intéresse plus particulièrement aux méthodes de mobilisation du droit par les acteurs locaux (mairies, agglomérations, département, région) pour protéger l’environnement et le patrimoine à l’intérieur des parcs. Aux yeux du jeune juriste, un parc naturel régional est un outil public d’action territoriale et les règles juridiques dont il relève sont, principalement, issues des branches du droit public, telles que le droit des collectivités territoriales, droit de l’environnement, droit du patrimoine culturel et le droit de l’urbanisme. De ce fait, les parcs sont des territoires exposés à des enchevêtrements de dispositifs juridiques entremêlant parfois des protections d’urbanisme, un classement au titre des monuments historiques, tout en étant concernés par des mesures de protection d’une zone naturelle, ainsi que les règles prévues par la charte du parc naturel régional et les schémas et plans départementaux et régionaux planifiant la protection de ces territoires.

Antoine cherche à comprendre comment les acteurs locaux utilisent le droit pour protéger les parcs naturels régionaux et comment ces acteurs accordent cet enchevêtrement de droits pour mettre en valeur ces territoires classés. Au quotidien, il parcourt quatre parcs naturels régionaux de Normandie pour recenser les éléments du patrimoine naturel et culturel de valeurs ordinaires et remarquables comme la nature, certains paysages ou les bâtis par exemple. Il collecte aussi des données issues de l’observation du fonctionnement de ces parcs. Antoine entend ainsi montrer que l’originalité de cet outil d’action territoriale fait du parc naturel régional une institution juridique de protection à part entière.

Antoine Duthil est l'un des ambassadeurs du programme "Réflexion.s" imaginé par Normandie université, le Dôme et le CNRS Normandie. Il a animé le compte du 19 au 25 octobre 2020.

Crédits : Normandie université/A. Bonin (DR).

Retrouvez les portraits vidéos de la première et seconde saison sur la chaine Youtube de Réflexion.s : instantanés de recherche !

Ma thèse en 180 secondes

Condenser des années de recherche en trois minutes, de façon simple et ludique, devant un jury de professionnels et un public de non-spécialistes : voilà le défi relevé par tous les doctorants et doctorantes qui se lancent dans l'aventure MT180 !

Ma Thèse en 180 secondes est un concours organisé en France depuis 2014 par le CNRS et la CPU. En Normandie, la sélection est organisée par la COMUE Normandie Université et le CNRS Normandie.

L’édition 2022 de la finale régionale du concours MT180 aura lieu le jeudi 24 mars à la Maison de l'université à Mont Saint Aignan.

Finalistes 2021

1er prix du jury : Candice Roux

Doctorante en neurosciences au laboratoire Mobilités : vieillissement, pathologie, santé (COMETE – CHU Caen Normandie / INSERM / Université de Caen Normandie), Candice travaille sur les troubles de la mémoire, des symptômes communs à de nombreuses pathologies du système nerveux central. Elle s’intéresse à une molécule qui agit sur la sérotonine appelée l’hormone du bonheur. Cette molécule a déjà montré des effets bénéfiques sur la mémoire mais son mécanisme reste à comprendre. Elle étudie plus particulièrement comment cette molécule affecte les réseaux de neurones de l’hippocampe, une structure de notre cerveau impliqué dans la formation des souvenirs.

2ème prix du jury : Chloé Fougères

Chloé est doctorante en physique nucléaire au Grand Accélérateur National d’Ions Lourds (GANIL – CEA / CNRS) à Caen. Elle s’intéresse aux Novæ, une explosion lumineuse à la surface d’un couple d’étoiles. Elle étudie un noyau phare pour la nova : le sodium. Le sodium excité durant une nova est la cible des télescopes. Au centre de l’atome, le noyau peut en effet émettre de la lumière lorsqu’il est excité. Mais le nombre de noyaux produits est incertain. Visant à résoudre cela, une expérience a été réalisée pour fabriquer un autre élément : le magnésium. Sa durée de vie quantifie en effet la probabilité du sodium d’être détruit ou non lors d‘une nova. Pour prédire la lumière du sodium mesurable par un télescope, il est ainsi nécessaire de connaître cet autre noyau. Faire réagir des noyaux grâce à un accélérateur terrestre aide à expliquer la lumière des étoiles dans l’Univers.

Au cours de cette finale régionale, Candice Roux a également reçu le prix des internautes qu’elle partage avec Younès Tierce, doctorant en mathématiques au laboratoire de mathématiques Raphaël Salem (LMRS – CNRS / Université de Rouen Normandie). Le prix des lycéens a également récompensé le jeune chercheur en mathématiques ainsi que Cassandre Palix, doctorante en neurosciences au laboratoire de Physiopathologie et Imagerie des troubles Neurologiques (PhIND – INSERM, Université de Caen Normandie) à l’Université de Caen Normandie.

Retrouvez toutes les prestations des candidats

 

Les finalistes normands 2021 de MT180
De gauche à droite : Chloé Fougères, Candice Roux, Younès Tierce et Cassandre Pallix
© CNRS Normandie

Finalistes 2020

1er prix du jury : Baptiste Pileyre

Doctorant en 2ème année au sein du laboratoire PANTHER de l’Université de Rouen Normandie et issu de l’école doctorale NBISE « Normande de Biologie intégrative, santé, environnement », Baptiste a convaincu le jury avec son sujet de thèse intitulé « Etude des mécanismes immunomodulateurs et myorégénérateurs de la fraction vasculaire stromale dans le traitement des myosites ».

2ème prix du jury : Pauline Billard

Doctorante en 3ème année au sein de l’unité ETHOS de l’université de Caen Normandie, Pauline est lauréate du 2ème prix du jury. Son sujet porte sur l’étude comparative de la mémoire de la source chez la seiche et le geai.

Prix du public : Quentin Rollet

Doctorant en 2ème année au sein du laboratoire ANTICIPE de l’université de Caen Normandie, et également de l’école doctorale NBISE, Quentin a quant à lui conquis le public grâce à son sujet de thèse portant sur l’évaluation des inégalités sociales et géographiques de participation au dépistage organisé du cancer du sein en France.

Les finalistes normands 2020 de MT180
De gauche à droite : Baptiste Pileyre, Quentin Rollet et Pauline Billard
© CNRS Normandie

 

 

Finalistes 2019

1er prix du jury : Sylvain Laborde

Doctorant en 3ème année au sein du laboratoire CESAMS de l’Université de Caen Normandie, les recherches de Sylvain Laborde portent sur la régulation des effets du stress chez les sportifs. Issu de l’école doctorale HSRT « Homme, Sociétés, Risques, Territoire », son sujet de thèse s’intitule « Tonus vagal et respiration : influence sur le stress et la performance des fonctions cognitives exécutives chez le sportif ».

2ème prix du jury et le prix du public : Apolline Chabenat

Apolline Chabenat, doctorante en 3ème année au sein du laboratoire SEBIO de l’Université le Havre Normandie, étudie les effets des antidépresseurs sur le camouflage de la seiche et du crabe. Issue de l’école doctorale NBISE « Normande Biologie Intégrative, Santé, Environnement », son sujet de thèse porte sur les modifications des polymorphismes liés aux défenses vis-à-vis des prédateurs par des antidépresseurs chez un céphalopode et un décapode.

Fête de la science

Initiée par le Ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, la Fête de la Science est à ce jour la plus importante manifestation nationale dédiée à la recherche et à l'innovation.

La 30ème édition se déroulera du 1er au 11 octobre 2021.

En Normandie, cet évènement est coordonné par Le Dôme et Science Action Normandie avec le soutien de l'État et de la Région Normandie. Ce sont plus de 360 opérations dans plus de 60 villes grâce à la mobilisation de plus de 350 structures régionales.

Sciences et Citoyens : les rencontres du CNRS

Les rencontres CNRS « Sciences et citoyens » sont un rendez-vous annuel de réflexions et d’échanges. Placées sous l’égide d’un comité scientifique, ces rencontres proposent des ateliers thématiques liés à des sujets de société, favorisant la confrontation d’idées entre chercheurs reconnus au niveau national et lycéens, étudiants ou apprentis.

Edition 2019

Les rencontres du CNRS Sciences et Citoyens se sont déroulées le 23 mars 2019, en partenariat avec Le Dôme et Corpo Sciences Caen.

Deux ateliers étaient proposés au public :

Intelligence artificielle et santé : avancées techniques et enjeux éthiques :

Il n’est pas un secteur d’activité qui ne se targue aujourd’hui d’utiliser de l’intelligence artificielle. Elle est à la mode et ne pas avoir son algorithme prédictif signifie pour une entreprise ou un secteur ne pas être entré dans la modernité. Mais n’est-ce seulement qu’un effet de mode ? Au-delà des slogans marketing, il faut se convaincre que nous sommes en train de vivre un bouleversement majeur dans l’acquisition d’une quantité phénoménale de données en tout genre, dans le traitement informatique qui en est fait et dans les connaissances et applications que l’on peut en tirer.

Animateur de l'atelier : Mathieu Agelou, Physicien

Avec la participation de Grégory Bonnet, maître de conférences à l'université de Caen Normandie au sein du GREYC ; Nathalie Nevejans, professeur de droit et membre du comité d'éthique du CNRS et Jean-Baptiste Delmas, médecin

Slow life : on vit trop vite, comment ralentir?

Aujourd’hui, la culture est à la rapidité. Mais dans cette course contre la montre, rien ne survit – notre travail, notre santé, nos relations, notre vie sexuelle. Cette injonction à la performance et à la rapidité se met en place à travers des équipements gigantesques : communications virtuelles (internet, téléphone, réseaux sociaux, serveurs en ligne) et physiques (organisations des villes et des pays, TGV, avion, livraisons immédiates) qui aboutissent à une surconsommation énergétique portée par les coûts invraisemblablement bas de l’énergie fossile.

L’autre facette est l’impact sur nos vies : on ignore que notre cerveau ne peut traiter correctement qu’une chose à la fois, d’où une frustration permanente. On néglige les rythmes biologiques qui sous-tendent notre santé. On saute d’une occupation à une autre, on prend des rendez-vous en speed dating sans se donner le temps d’approfondir la relation ; frustration encore. On court pour se rendre à sa séance de relaxation …

Tout un courant d’opinion met en question ce culte de la vitesse et réaffirme les vertus de la lenteur. Baptisé "Slow" , il ne prétend nullement qu’il faut tout faire à une allure d’escargot mais souligne que notre qualité de vie passe par un meilleur équilibre entre rapidité et lenteur.

Pour débattre de ces questions, nous proposons un échange avec des chercheurs ou professionnels de tous horizons : neurobiologie, sociologie, philosophie, urbaniste, business, journalisme, littérature.

Animateur de l'atelier : Christine Baly, neurobiologiste

Avec la participation de : Sylvie Droit-Volet, psychologue sociale ; Eugenio Mailler, Militant du Goût et de la Lenteur, figure historique de Slow Food, actuellement journaliste pour Alimentation Générale ; Pierre Moniz-Barreto, membre-fondateur de l’Association française du management équitable et secrétaire général de la Fondation de l'Abbaye de Bassac ; François Rouyer, Neuroscientifique ; Emmanuel Munch, enseignant-chercheur à l’Ecole d’Urbanisme de Paris

Edition 2018

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